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11 - Sa Seigneurie

Samedi et dimanche 25 et 26 avril 2020

Atelier en ligne sur « La colère »

 

Samedi

 

La colère.

Me concernant, j’ai l’impression que ce truc-là est un concept : je ne me mets jamais en colère.

En vrai, je me doute bien que je dois vivre de la colère à certains moments, mais je ne la sens pas, ou peu, voilà tout. 

C’est la formatrice au sourire toujours aussi grand grand qui anime l’atelier ce weekend. Pour parler « colère », c’est mieux qu’elle ait le sourire : elle aurait la tête des mauvais jours, ça serait moins sympa.

Quand elle nous donne le programme de la journée, il y a 2 parties qui m’intéressent particulièrement :

-          Les effets d’une colère retenue ou mal exprimée : dans mon cas d’anesthésiée de la colère, je pense être concernée.

-          Comment bien gérer sa colère et celle des autres : bon la mienne, je la gèrerai si je la trouve. Celle des autres, par contre, elle me fait tellement flipper que je voudrais bien savoir comment faire pour la gérer. 

Elle ouvre les festivités en nous disant une phrase qui me fait lever la tête de mes notes : « Derrière toute accusation, il y a de la colère ».

Tiens donc…

Se peut-il que parfois, j’accuse des gens de ne pas être aussi parfaits que moi? 

Euh, je dirai que oui…

Et donc que je vive de la colère?

Révélation N°1 : derrière toute accusation, il y a de la colère.

…Oui.

Je vis donc de la colère… 

Tiens, une vieille connaissance…la « révélation »! Le jeu de piste pour trouver ma colère vient de commencer… 

La formatrice nous explique ce qu’est la colère et devinez quoi… colère et égo sont intimement liés… 

L’égo fait son grand retour et j’imagine que quand il s’agit de colère, il a tous les muscles dehors, jusqu’au plus petit. Un peu en mode culturiste, peau qui brille, veines prêtent à exploser. Sûrement pas facile à déloger le type dans ces cas-là.

Mais pour une fois, mon égo ne m’inquiète pas. Je crois toujours que je ne vis pas de colère; ou juste un peu, parce qu’il m’arrive d’accuser, des fois. Mais pas souvent, entendons-nous bien !! 

Ma réputation est en jeu là : je ne suis pas une personne en colère. Je suis calme, d’humeur égale. Tout le temps. Et j’en suis fière! Pas du genre à péter les plombs à la moindre contrariété.

Debussy et son « Clair de Lune » font leur retour eux aussi pour bercer mes illusions. Génial, l’égo va pouvoir faire son show en musique! 

La formatrice nous explique ensuite que la colère est déclenchée par 3 choses dont une insatisfaction envers les autres et/ ou avec nous-même. Et elle précise que quand on a de l’insatisfaction avec soi-même, c’est qu’on s’aime d’un amour conditionnel.

 

Ah?

 

J’ai progressé avec l’amour de moi depuis l’atelier « Être bien », mais bon, de là à dire que je m’aime d’un amour inconditionnel, quand même pas. Toujours pas Gandhi.

Je ne suis pas Gandhi, mais je porte parfois un tee-shirt à son effigie pour m’encourager. Il y a écrit « Keep walking » dessus.

J’avance, j’avance, pas à pas.

One step at a time. 

Bref. Donc j’ai forcément des insatisfactions avec moi-même.

… Je réfléchis : ça ne me vient pas à l’esprit spontanément…

Je râle tout le temps, pourquoi je ne suis pas capable de dire ce qui me fait vivre des insatisfactions? Vous connaissez la réponse…l’égo, toujours lui qui nous montre ses pectoraux luisants.

… Je sais! et c’est pourtant bien évident chez moi : je ne m’affirme pas. Et quand je ne m’affirme pas, je suis insatisfaite. Très.

Donc je m’accuse.

Donc je vis de la colère.

 

Révélation N°2 : je vis de la colère quand je suis insatisfaite avec moi-même.

 

La musique commence à changer. Debussy et son « Clair de Lune » laissent place aux 1ères notes de « Dance of the knights » d’Emler. 

Continuons. Le jeu de piste progresse.

Comment réagissez-vous à la colère?

Pour moi, quelqu’un en colère, c’est quelqu’un qui crie, qui dit des choses pas sympas et qui fait peur. Clairement, je ne suis pas concernée.

Du coup, j’ai un peu de mal à définir ma façon de réagir à la colère. Je ne sais pas en fait. Aucune idée.

Et ne vous dites pas « Oh allé, tu sais bien dire comment tu réagis à la colère !! Arrête tes salades! ». Eh bien non, je ne sais pas. Vraiment.

 

N. B. je suis en osmose avec mon égo là de suite. Et lui il me dit que je ne suis pas quelqu’un qui vit de la colère. Alors si l’égo le dit…

 

J’écoute les autres participants et j’essaye de me reconnaître dans leur façon d’exprimer leur colère : je crie (non), je boude (oui), je frappe (non), je fuis (oui), je perds le contrôle (non), je me venge (non), je dis des gros mots (oui), je me tais (oui), je fais du sport (oui), j’accuse l’autre (oui), je pleure (oui), je me renferme (oui)…Bon la liste est très longue. Mais moi, j’en conclus que je vis bel et bien de la colère.

 

Révélation N°3 : je vis de la colère, mais je ne la sens pas !!!

 

L’égo danse maintenant sur « Ça m’énerve » d’Helmut Fritz. Tiens, là je crois que je suis en colère contre moi-même de ne pas sentir ma colère. Je progresse.

Le grand moment de ma journée : c’est maintenant!

La formatrice va nous expliquer comment chaque masque manifeste sa colère. Je vous rappelle que je porte les masques de dépendant et de fuyant principalement. Le constat de mon incapacité à sentir la colère me fait dire que ces deux masques-là ne doivent pas être du genre expansif quand ils expriment leur colère. 

La formatrice confirme.

Le dépendant et le fuyant ne sont pas en contact avec leur colère et font du déni.

Bien, bien. 

Ça m’attriste. Parce que moi, je voudrais bien sentir ma colère. Lui dire bonjour, savoir qu’elle est là. On ne lui a pas appris qu’il fallait prévenir avant d’entrer quelque part ?

Franchement, ça paraît dingue de dire ça, mais moi, je veux vivre ma colère!

Pour plusieurs raisons :

1-      Parce que je veux savoir ce que ça fait

2-      Parce que j’ai la copine « peur de tomber malade » à cause de la colère refoulée qui passe faire un coucou : si c’est dans le thème des trucs au programme de cet atelier, il y a forcément un risque

3-      Parce que la formatrice dit que c’est sain de vivre sa colère et que je veux faire des trucs sains pour mon corps! 

Il y a quand même une bonne nouvelle, c’est que je porte aussi les masques de contrôlant sournois et de rigide conforme, qui eux la sentent bel et bien leur colère! Donc, il y a forcément des moments où je vis la colère. Reste à savoir quand, précisément…

J’apprends que le contrôlant sournois, quand il est en colère, boude, se plaint, cherche à culpabiliser l’autre. Aïe, là je me reconnais surtout dans la partie « bouder/se plaindre ». Je me plains, beaucoup. Donc je suis en colère, souvent.

Quant au rigide conforme, lui, il a tendance à ruminer. Et ça aussi, je le fais souvent. 

Je rumine et je me plains : ce constat m’exaspère! Je ne supporte pas les gens qui ruminent et qui se plaignent. Ça vous rappelle quelque chose : l’effet miroir par exemple.

Pufff, je suis dégoutée. Ce truc de miroir se révèle vrai à chaque fois! Une petite faille dans le système de temps en temps ferait du bien, non? 

Un doux refrain. 

Je rumine comme les autres ruminent. Les autres ruminent comme je rumine. À la même intensité.

J’accueille.

Je me plains comme les autres se plaignent. Les autres se plaignent comme je me plains. À la même intensité.

J’accueille.

J’accueille, mais je tousse un peu quand même. Ce constat fait partie des découvertes qui ne passent pas hyper hyper bien.  

La conclusion, c’est que ma colère à moi, elle n’est pas du genre à faire des feux d’artifice et casser des vases, mais que par contre, elle est bel et bien présente. Je vis de la colère, régulièrement. Et c’est normal! 

La formatrice revient sur les différentes façons dont la colère s’exprime. Elle prononce le mot « agacement ».

Le temps s’arrête.

Agacement?

Colère?

Quel est le lien? Je ne comprends pas…

… je suis figée devant mon écran.

 

L’agacement est de la colère.

 

Ah bon? Vous en êtes sûrs ?

Certains?

À 100%? 

J’avoue que moi j’ai du mal avec cette info.

Je vis un petit moment de solitude : vous savez ce moment où la vie continue, mais où on reste bloqué sur un truc, hermétique à ce qui se passe autour de nous.

Une sorte de moment parallèle. Irréaliste.

Je suis seule au monde avec cette phrase : « l’agacement est de la colère ».

Ça alors !!

C’est une découverte pour moi. Je fais un tel déni de la colère que jusqu’à aujourd’hui, jusqu’à ce moment précis, je refusais même de donner au mot « agacement » la bonne définition.

Agacement = énervement mêlé d’impatience.

Je reste sans voix.

Je suis très souvent agacée, mais je n’ai jamais associé cette émotion à de la colère.

Ça y est, je viens d’identifier la plupart des moments où je suis en colère : c’est quand je suis agacée.

Je n’en reviens pas de cette capacité à renier la colère que j’ai pu avoir jusqu’à maintenant. C’est donc bien vrai, les masques de fuyant et de dépendant renient leur colère, ils ne la sentent pas.

C’est une révélation immense pour moi.

 

Le jeu de piste prend fin : j’ai trouvé ma colère. 

 

 

En aparté :

Le soir, je raconte ma découverte à mon compagnon.

Sa réaction : « Tu es sérieuse ? Bien sûr que l’agacement est de la colère! Tu me l’aurais demandé, je te l’aurai dit! ».

Mais je ne pouvais pas te le demander puisque JE NE LE SAVAIS PAS !!!!! Aaaaaaaah mais qu’il m’agace !!!

Je suis en colère là, on est d’accord ? 

Suite à cette découverte, il y a un sujet que je suis ravie d’entendre la formatrice aborder : les effets d’une colère retenue.

Parce que ça fait quand même 36 ans que je retiens la colère, alors j’aimerai bien savoir quel impact tout ça a pu avoir sur moi.

La formatrice exauce mon vœu au-delà de mes espérances (cette phrase est pleine d’ironie…).

Au plan physique, il y a la fatigue. Entre les peurs qui me pompent une énergie dingue et la colère, je suis bien : d’ici 10 ans, je peux atteindre l’épuisement sans trop de mal a priori.

Et puis il y a toutes les maladies en -ite qu’elle liste gentiment comme si c’était la liste au Père Noël : « Alors, moi je voudrais une tendinite, de la cellulite, des colites et puis, s’il reste de la place, Père Noël, amène-moi aussi une sinusite. STP. Merci!».

À ce stade, je me dis qu’il serait intelligent de m’autoriser à vivre ma colère. Vraiment. 

Mais ce n’est pas fini. Noooon! La formatrice est en pleine forme.

Toujours grand grand sourire aux lèvres, elle en arrive à une dizaine de conséquences d’une colère refoulée sur le plan mental, c’est-à-dire sur ce que je pense, ce que je crois. J’ai peur de ce qui va suivre.

J’en vis 5…rien que ça…

Je rumine. ✔

Je me fais des scénarios (plutôt version catastrophe que comédie romantique). ✔

J’ai une forte activité mentale. ✔

J’ai des insomnies. ✔

J’ai un grooos égo. En fait, paraît-il, plus je suis en colère, plus je le nourris. Il ne connait pas la disette lui. ✔

Bilan : si je suis négative, je me dis que je suis mal barrée. Mais si je suis positive, je me dis que la solution à tout ça, comme d’hab, c’est MOI !!

Taaadaaaa !! 

Mon égo, tous muscles dehors, une altère dans une main, une barre hyperprotéinée dans l’autre, me nargue : « Eh oui ma grande, plus tu t’accroches à tes croyances, plus tu te mets en colère. Même si dans ton cas, tu la refoules, tu es en colère. Et ça ma chérie, ça me donne encore plus de pouvoir sur toi. Je suis la cause et l’effet de ta colère. On ne va pas se quitter de sitôt !! » 

Je vais vomir. 

Je veux vivre cette foutue colère !! Maintenant !! Tous les jours !! Qu’elle sorte de moi !!!!!!!! 

La formatrice qui sourit toujours aussi grand grand a cette fois une bonne nouvelle : la colère peut être bénéfique et avoir de bons côtés.

On aurait peut-être pu commencer par ça, non? 

La liste est longue en fait, il y a plein de bons côtés. Je vais changer ma liste pour le Père Noël. À la place des trucs de tout à l’heure, je préfère : dépasser mes limites, faire respecter mon espace, passer à l’action, m’affirmer, me respecter et me faire respecter, m’aider à découvrir ce que je veux vraiment, mais que je crois impossible. Voilà, pour cette année, je veux ça Père Noël, s’il te plait. J’ai été hyper sage, alors n’oublies rien surtout! »

L’année prochaine, je complèterai la liste. Il y a encore pleiiins de bénéfices en réserve.  

 

Révélation N°4 : la colère est utile pour nous aider à répondre à nos besoins.

 

Vous savez, quand on vit de la colère, en général, on passe par 3 phases, la dernière étant : on exprime sa colère avec accusation.

Et ça, ce n’est pas idéal du tout. Ça ne rend service à personne : ni à nous, ni à la personne qui se prend notre colère en pleine face (et qui ne la peut-être pas demandée, en tout cas pas consciemment). 

Donc, la formatrice en arrive à « comment rendre une colère constructive » ?

Oui, visiblement, c’est possible.

Et c’est tant mieux. Se mettre en colère, c’est bien, mais tout le monde n’a pas un stock de vaisselles à envoyer valser à chaque fois que la moutarde lui monte au nez. Alors autant faire les choses bien. 

Souvenez-vous que la colère, comme les autres émotions (tristesse…) fait partie de nous et est utile. Ce n’est donc pas mal de vivre de la colère.

 

Révélation N°5 : il est normal et sain de vivre de la colère

 

C’est important de l’intégrer, je parle pour moi. Je ne suis pas encore bien à l’aise avec le fait que la colère ne soit pas une mauvaise chose.

Donc pour nous aider à accepter que la colère fasse bel et bien partie de nous, la formatrice nous propose de la personnifier : lui parler, l’accueillir. « Je te vois, je te reconnais et je t’accueille. »

Mouai. 

Je comprends l’idée générale, mais j’hésite à accueillir ma colère quand même. Sans déconner, j’ai déjà les copines (en nombre) et l’égo avec moi au quotidien. Je devrais maintenant faire un peu de place à sa Seigneurie la colère ?

Et si elle ne voulait plus partir après?

Je voudrais bien vivre ma colère, mais de là à la laisser venir en moi, après réflexion, je ne sais pas. Je ne suis plus très sûre.

C’est fatiguant d’être moi je vous jure! Mais je m’accepte et je m’aime dans mes contradictions.

Enfin presque, l’agacement n’est pas si loin.  

Je me laisse le temps de la réflexion : c’est quoi exactement une colère constructive? Comment on fait ça?

Je suis tout ouïe! 

La formatrice nous explique donc comment faire une colère constructive. Perso, j’ai trouvé ça génial! Vous concernant, je laisse le suspens opérer… l’agenda des ateliers ETC est en ligne, vous n’avez qu’à vous inscrire si vous voulez savoir comment gérer vos nerfs! Par contre, si là de suite, vous êtes en colère parce que je vous laisse sur votre faim, et bien, respirez…c’est la 1re des 7 étapes d’une colère constructive!  

 

Révélation N°6 : une colère peut être constructive. 

 

Avant de se quitter, un petit mot sur comment réagir à la colère des autres.

Si comme moi, vous prenez l’option « je pars en courant », rapprochez-vous et écoutez-moi : les personnes qui sont en colère contre vous ont peur de vous. Parce qu’elles ont les mêmes peurs pour eux que vous avez pour vous-même.

Effet miroir. Imparable. Ça met toujours dans de drôles d’états.

Et comme pas grand monde ne sait gérer ni ses peurs ni sa colère, ça finit souvent au jeu de « qui criera le plus fort ».

Et comme on a tous un égo en assez bonne forme, on se bat pour gagner et alors on crie encore plus fort que l’autre.

Bref, ça finit souvent à un niveau de décibel qu’on aurait tous préféré éviter. 

En clair, écoutez-les s’énerver, dites merci et allez faire un travail sur vous. 

C’est Louis Amstrong qui vient donner la note de fin de cette journée au son de « Wonderful world ».

On va tous s’aimer très fort, se faire des papouilles et ça va aller.

Ça va aller, parce que finalement, la vie est une succession d’expériences qui sont là pour nous aider à être de meilleures personnes pour nous-même.

Se donner le droit d’être en colère en est une.

Apprendre à faire des colères constructives en est une autre. 

Sa Seigneurie nous rendrait presque service en s’invitant en nous finalement. 

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Être bien, ça s'apprend